Partons dans l'idée que je ne suis pas trop bien. Partons dans le fait qu'en ce moment j'ai une impression d'arrachement intestinale et une envie de flinguer tout le monde les uns après
les autres. Partons aussi dans l'espoir que demain tout changera, et essayons de ne pas se mettre dans la tête ( même si ça y est déja profondement inscris) que non, demain il n'existera
toujours pas. Je prends même plus la peine de regarder mon portable, il reste dans la poche de mon perf' et n'en sort plus. Par crainte ou par honte, je ne sais pas encore
precisemment, il reste juste là bas et quand je le retrouve chaque matin, j'ai toujours ces quelques secondes d'espoirs pourri. Espoir partant en fumée dans la seconde qui suit.
Partons aussi dans le fait qu'en ce moment ma gueule retranscrit pas mal mes émotions, qui changent aussi vite qu'une porte qui claque. Partons dans l'inconvénient et l'handicap
que je suis en ce moment pour mes copains, comme pour mes profs, en m'acharnant sur eux comme sur des aiguilles a tricoter. Le matin j'écoute de la Oïe, le soir je plonde dans Renaud,
le midi plutot de la Dub. Et je passe mon temps ac ma seule et unique oreillette ayant survécu a samedi soir, parce que écouter les mots des autres nous fait un peu zapper les autres. Les
notres. Ces mots qui nous sont propres, qui n'ont parfois même plus besoin d'être prononcé pour que certaines personnes ne les entendent. Y en a même qui ont des radars et qui sentent
mes humeurs arrivés aussi vite qu'une pluie foudroillante dans un ciel de Normandie. Ouais, les gens me connaissent. Ils savent donc tous à quel point je suis paumée. A quel point je rame
dans le vide, les bras tendus, y mettant tout ma force pour me sortir de ces putains d'emmerdes de merdes et ces prises de tête a cause d'un putain de créteux blond que je ne peux pas
m'empecher d'aimer malgré tout. Des envies de jeter les mots aussi violemment que les objets, de mettre une fin a toute cette scène de crise, mon moral descend aussi rapidement que la
bourse de Wall Street. Mais, bon, faut esperer. J'fais que ça moi, jme retrouve coincé entre espoir et realisme et je jonche entre les deux de même façon qu'une aiguille sur le cadran d'une
balance sur laquelle sa propriétaire angoisse et regrette le pot de nutella qu'elle a achevé devant Desperate Housewives la veille. Et avoir une rage, identique a celle qu'elle peut avoir, en se
prenant la tête pour des kilos en trop qui sont invisible a nos yeux mais visible par les siens. Une rage bloquée derrière mes lèvres, et que mes doigts refusent de mettre sur le clavier. Alors,
baisons mes frères. Et pissons, vu le trop plein d'alcool qu'on ingurgite juste pour zapper cte sourire qu'on adorait temps, avant. Et oui, fumons, et soulons nous la gueule, avachie dans des
canapés, parce qu'on cherche tous à oublier une connerie, un evenement, une reflection, un souvenirs. Un visage. Une gueule bien trop aimée.
Y avait quelques gouttes de sang au milieu des bouts de verres. Je suis désolée.