Un klaxon. Tu rouvres les yeux, t'es en pleins milieu de la route et le ptit monsieur que tu connais bien te gueule un "Manon qu'est-ce que tu fous?!". Tu te remets les idées en place, avance en jetant un regard d'excuse à l'automobiliste au volant de sa citroen noir, immatriculée 43. Tu sais pas pourquoi il a fallut que mademoiselle s'arrête comme une cruche au milieu de ce passage piétons. Tu dis rien, on te redemande si ça va, tu marmonnes un oui. T'a de nouveau mal au ventre, tes copains sont devant, comme toujours. Ils parlent et discutent mais t'entends a peine. Tu parles pas, et tire sur le bout de ta cigarette comme si c'était un échappatoire, un moyen d'oublier, de ne plus y penser.
Arrivée a Corneille. Les copains continuent leur discussion, d'autres viennent s'ajouter au lot, une bise a gauche, une autre a droite, tu esquisses un sourire, et toi t'es comme tout le monde, quand on te demande si ça va, tu réponds "bien!". Ferme ta gueule petite manon, de toute façon ça sert à rien, il est loin, et ils ont tous beau t'écouter ici ils ne comprennent pas. Ne comprennent rien. Ou ne veulent pas comprendre. Et puis se sentir un peu bizare au fond de nous, croire que tout ira de toute façon un jour. Comme tout les matins depuis bientôt un an. Et s'en vouloir de se plaindre, alors que d'autres sont dans des états bien pire et envie ta vie. Et tu les encules tous, ces copains, ces gens si cons et si adorables parfois, cette famille, ces passants qui n'ont rien demander.
La vie c'est des claques dans la gueule, le port du casque est obligatoire!



